Voyage slow en voilier : de “tour du monde” à “petite boucle dans l’Atlantique” et une vision du voyage chamboulée !

🔻Sommaire :

  • Un projet initial et des imprévus

  • Vivre au rythme des vents, des saisons et de la météo

  • "Tranquilo, los franceses" : apprendre des locaux

  • Découvrir les territoires autrement : le bus comme outil de liberté

  • Ce que la vie en voilier m'a appris sur le voyage responsable

  • Ce que j'emporte aujourd'hui

Océan Atlantique, entre Madère et les Açores, 4000m de fond, nage

"Il est 6h du matin quelque part entre Madère et Les Açores. Le vent est tombé, la mer est lisse comme un miroir, le soleil se lève et je réalise qu'on est partis pour faire le tour du monde... et qu'on n'a aucune envie de partir d'ici.”

 
Voilier qui quitte le port de Paimpol, Bretagne, Slow Travel, Tour du monde

Trois ans plus tôt, à Paimpol, petit port des Côtes d’Armor (Bretagne) “Le tour du monde” s’ouvrait à nous en même temps que les portes de l’écluse ! Sur notre petit voilier, j’avais des rêves de grande aventure, digne des premiers explorateurs ! Finalement, j’ai (seulement) fait une petite boucle dans l’Atlantique Est (Bretagne, Espagne, Portugal, Madère, Îles des Canaries, Cap Vert et Açores). En y regardant de plus près, ça fait déjà un joli tour à la voile ! Et ce changement de plan c'est une belle aventure à revivre !

Un projet initial et des imprévus

Depuis des années, je rêvais de partir pour “le grand voyage”, celui qui changerait ma vie. Mon petit bateau, je le préparai avec beaucoup d’attentions et de patience, réfléchissant aux moindres détails pour un voyage au long cours. Les imprévus ont commencés très vite : la crise covid nous a empêché de naviguer librement pour tester notre embarcation, et a retardé le départ. Alors quand la voie fut libre nous avons filé avec le vent ! Tour de Bretagne et traversée du Golfe de Gascogne, un premier baptême du large ! Mais, malgré tous les préparatifs nous avions déjà un problème, et de taille … une fissure sous la coque laissait rentrer un micro goutte à goutte lors des navigations.

Coucher de soleil depuis la mer sur la terre, Asturies Espagne
 

Ce fut la première leçon de patience et d’épreuves : trouver un soudeur et une semaine de beau temps pour tenter une réparation. Nous sommes repartis après 15 jours qui nous ont semblé durer une éternité ! Peu confiants dans cette réparation de fortune, nous avons choisi de prendre notre temps et de faire des petites navigations journalières, de port en port, jusqu’au Portugal.

Puis les aléas ce sont enchainés : météo improbable cette année là (vents de sud dominants au lieu du nord) et des orques joueurs qui arrachent les gouvernails ont eu raison de nos derniers plans ! Plans qui se sont complètement effondrés arrivés à El Hierro 1 an et demi plus tard. La fissure étant toujours là, fini les projets de tour du monde ! On a adapté nos plans aux imprévus, et ça n’est pas toujours facile, mais on apprend à prendre sur soi. Les imprévus et les adaptations font partis de tout voyage !


Vivre au rythme des vents, des saisons et de la météo

Partir en voilier, ça signifie respecter un rythme imposé par la météo. Et autant vous dire que Dame Nature on ne la commande pas, peut importe l’importance de votre compte en banque ! Alors oui, il y a des fois où tout est allé très vite, et j’ai du sauter des étapes que j’attendais avec impatience (comme les rias en Galice (Nord de l’Espagne) ou la ville de Porto (Portugal)) et au contraire des fois où nous sommes restés bien plus longtemps que prévu. Par exemple à Viana do Castello, au Nord du Portugal, grâce à une dépression qui passait par là, nous avons pu visiter la ville en long, en large et en travers !! A Madère, il a fallu patienter trois semaines pour pouvoir descendre au Sud vers les Canaries : résultat ? On a pu profiter des lumières de Noël incroyables en décembre !! A El Hierro, les alizés se sont établis bien plus vite que nous le pensions et avons attendu plus d’un mois pour pouvoir remonter vers le Nord. Finalement c’était dingue parce qu’on a parcouru absolument tous les sentiers de randonné de l’île !!

C'est du slow travel en puissance, pas juste un concept marketing, mais une nécessité. Celle de lâcher-prise et de voir le temps autrement que comme quelque chose à rentabiliser. C’est accepter pour faire des choses pas forcément grandioses, mais qui nous font grandir.

 

"Tranquilo, los franceses" : apprendre des locaux

Le plus beau dans ce voyage, ce ne sont pas les paysages. Bien sûr il y a des endroits merveilleux, comme on en trouve partout sur la planète, mais ce qui fait la richesse d’un territoire, ce sont ses habitant·es. A travers chaque lieu et chaque culture, on découvre le monde par un autre prisme et on remet en cause ses propres croyances !

A Madère par exemple, un bateau au mouillage (qui a mis l’ancre dans une baie, pas au port) s’est réveillé un matin furieux : leur annexe (petit bateau gonflable qui permet d’aller à terre) avait disparue ! Premier réflexe : “quelqu’un l’a volée”. Sauf qu’en descendant à terre, quelqu’un était entrain de mettre la fameuse annexe à l’abris et bien visible sur plage, pour partir à la recherche de son propriétaire. Sans doute mal attachée, elle s’était échouée sur la plage devant le village ! Une autre fois, alors que nous avions bu quelques poncha avec des amis sur une petite place, nous sommes rentrés. Mais le lendemain nos amis nous disent qu’ils avaient oubliés leurs vélo devant le bar et que ce matin ils n’y étaient plus. En début d’après-midi, le patron du bar est venu lui même leur dire “qu’ils avaient oublié leurs vélos et qu’il les avaient mis à l’abris de l’humidité dans son bar, qu’il allait ré-ouvrir et qu’il fallait venir les récupérer” !! Alors à Madère, nous avons découvert que la confiance et la gentillesse pouvaient être accordée à n’importe qui.

A El Hierro, sur le petit port de pêche de La Restinga, c’est notre tempo de vie que nous avons revu. Nous pensions être des gens calmes et patients, vivant en mer depuis déjà quelques temps. Mais au contact des habitants de ce village où tout tournait tranquillement, nous étions des gens pressés. On nous a même dit un jour “tranquilo los franceses” (doucement les français). Alors, on a ralenti, encore. Et c’était bien de se laisser porter par ce rythme doux et de savourer chaque instant, tout est devenus plus authentique, on a même fini par faire parti du paysage local, les habitants nous saluaient, papotaient avec nous, nous invitaient. Bref, une vraie expérience humaine.

Hamac sur un voilier, Glice Espagne, dolce vita
 

Découvrir les territoires autrement : le bus comme outil de liberté

En tant que voyageuse longue durée, mon budget était serré. Et en bonne bretonne, les routes de montagnes étroites et sinueuses me font peur. Alors rare sont les fois où nous avons loué une voiture. Partout, le bus (ou autre transport collectif) fut notre moyen d’explorer les environs. Tout particulièrement sur les îles de Madère et des Canaries où le réseau est plutôt bien pensé, régulier et l’expérience des conducteurs en montagne est rassurante.

Alors oui, il faut un peu de temps pour se renseigner sur les horaires et les arrêts de bus, voir où il est possible d’aller et … ce qui restera inaccessible. Mais finalement, c’est une pression en moins et en plus ça permet de découvrir des lieux où peu de touristes vont ! Une fois à La Palma (Canaries), en fin de rando, il me restait une heure avant l’arrivée du bus. J’étais fatiguée et j’avais mal aux pieds. Mais en contrebas, il y avait une toute petite plage de galets, je suis allée m’y reposer et tremper mes pieds. Il n’y avait personne, c’était génial !

Le bus m’a aussi obligée à chercher d’autres moyens : j’ai marché davantage, j’ai fait un peu de stop, j’ai bivouaqué et j’ai patienté !

 

Ce que la vie en voilier m'a appris sur le voyage responsable

Voyager en voilier m’a permis de voir que hors de chez soi aussi il était important de prendre le temps et de porter ses convictions. Pour moi manger local est non négociable : en voyage on va souvent au plus rapide : le supermarché. Bruyants, stressants, similaires dans tous les pays. Alors qu’une simple matinée au marché est déjà une exploration culturelle, un dépaysement et un apaisement en soi.

J’ai aussi pris le parti de faire confiance aux habitants, parce qu’ils connaissent leur région mieux que vous. Et respecter leurs mode de vie est aussi une source d’ouverture, de lâcher prise et d’apprentissage. Pour en ressortir grandis dans nos esprits souvent trop égocentrés.

Pour arriver à cela, le plus important est encore de se déconnecter de nos écrans et d’observer. Observer la vie des locaux, observer la nature qui nous entoure, observer les comportements… Observer avant d’agir, pour agir mieux, en cohérence.

C’est de là que vient la philosophie d’Evad’Yu. De ce que j’ai pu voir, entendre et ressentir durant ce beau voyage au rythme du vent.

 

Ce que j'emporte aujourd'hui

Alors oui, aujourd’hui, je souhaite vous aider à partir en vacances, en voyage de manière plus authentique et responsable. Non, ça ne sera jamais parfait (je ne crois pas à la perfection). Mais j’ai gardé pour vous, cette philosophie du respect de l’autre et de l’écoute. Du voyage qui ne laisse pas de traces destructrices, mais qui marquent les esprits par des rencontres, des échanges et des apprentissages bienveillants. C'est toute cette expérience (galères, fous rires, “tranquilo”…) que j'ai mis dans ma façon de travailler chez Evad'Yu. Pour que vos voyages ressemblent à ça : vrais et inoubliables. On tente l’aventure ensemble (lien) ?

Laissez-moi un petit commentaire si le sujet vous inspire 😉

 
 

Je suis Yuna, Travel Planner spécialisée dans les voyages écoresponsables. Mon coeur de métier ? Permettre aux personnes actives à partir en Europe pour un voyage doux, écoresponsable et au contact de la nature sans culpabilité ni charge mentale. Chaque voyage est pensé dans l’écoute, le dialogue et le respect de votre rythme.

 

Dernière mise à jour : 25/04/2026. Article rédigé d'après une expérience de 3 ans en voilier en Europe de l’Ouest et Atlantique.

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